Les oubliés de la crise, les seniors en marge du sommet social du 18 février !

Publié le par Bani Ramzi

En période de crise économique, ce sont les plus pauvres qui s’enfoncent. Tout le monde en est convaincu, même Sarkozy a annoncé pendant son interview du 5 février derniers des pistes de relance « socialiste ». Il voulait être persuasif comme il a pris l’habitude de le faire ! Mais est-ce suffisant pour convaincre les syndicats de renoncer à une nouvelle sortie dans les rues annoncée pour le 19 mars prochain. Pour le sommet social prévu pour demain, le 18 février 2009 à 15h, à l’Elysée, les points de vue restent éloignés entre « travailler plus pour gagner plus » - de Sarkozy –  et une relance par la consommation prônée par les syndicats.

Côté syndicats, certains ont déjà fait un premier pas en guise de bonne volonté pour chercher un consensus sur les méthodes de relance économique et sociale. La CFDT propose la mise en place d’un « fonds social d’investissement » dont l’objectif majeur est de développer la formation, favoriser l’accès des jeunes à l’activité et pallier les insuffisances de l’assurance chômage. Ce fonds est proposé avec des dotations de 5 à 7 milliards d’euros. Bien que le gouvernement n’ait pas émis jusqu’à présent des propos contre cette proposition, il risque d’être plus à la défensif sur l’idée d’une suspension du bouclier fiscal en période de crise et une relance pure par la consommation.

Les oubliés de la crise, comme on les surnomme, à savoir, les seniors de plus de 50 ans, sont d'ailleurs le centre d'intérêt du site emploi senior qui revient sur la problématique de l'ambauche de cette tranche d'âge.

 La CGT de son côté a critiqué l’ensemble des propositions du président. Bernard Thibault – secrétaire général de la CGT – a ainsi confirmé qu’encourager des heures supplémentaires défiscalisées favorisait plus ceux qui ont des emplois au détriment de ceux qui sont dans le chômage. Selon la CGT, le gouvernement est dans la mauvaise direction pour espérer de palier à la préoccupation première qui est le chômage. Ceci dit, au-delà des actions du gouvernement et des propos contestataires des syndicats, fallait-il pas être plus concret et énoncer des plans de relance plus ciblés en faveur des personnes fragilisées sur le marché de l’emploi. Certes, ils ont parlé d’indemnisation de jeunes n’ayant pas assez cotisé pour un début de carrière, d’indemnisation du travail partiel, mais ils ont oublié nos seniors. Ces derniers qui voient dans l’horizon une nouvelle problématique à savoir celle des retraites.

Sur la table des négociations, les initiatives touchant aux revenus et aux impôts se complètent dans l’absolu mais fallait-il aussi trouver des ébauches de consensus entre ce qui en faveur d’une relance par l’activité et l’investissement et entre une relance par la consommation qui coule dans le sens de renflouer les budgets des familles. Suppression du premier palier d’impôt sur les revenus, suppression du deuxième tiers prévisionnel et la hausse des allocations familiales avec une vision consacrée entre autres aux personnes âgées et les mères célibataires, synthétisent la ligne directrice des actions souhaitées par le gouvernement. En outre, la CGT et FO prônent une revalorisation importante du SMIC ainsi qu’une augmentation de 10% des minimas sociaux. La CFTC émet une proposition en faveur pour une prime de 200 euros aux bénéficiaires des allocations familiales ou aux familles monoparentales et le remboursement par les banques des frais de gestion de compte pour 2008.

D’autres questions sont aussi à débattre. Le partage des profits selon la règle des trois tiers. Une proposition déjà contestée puisqu’elle touche au mérite des travailleurs par le salaire et le conditionne par les résultats financiers des entreprises. D’un autre côté, le débat surchauffe sur la même question de partage des profits dans les cas où l’Etat est actionnaire. Etc.

Le débat sera assez animé demain à l’Elysée et on souhaite que toutes les franges de la société soient considérées notamment les plus fragilisées d’entre-elles sur le marché de l’emploi et en terme de niveau de vie. L’emploi des jeunes, les femmes mères de famille et nos seniors doivent bénéficier de propositions concrètes et d’actions ciblées.

Ramzi BANI

 

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